LIFESTYLE

Ayizana a 3 ans

 

« Pourquoi as-tu créé Ayizana » ? Je crois que c’est l’une des questions qu’on me pose le plus souvent depuis que j’ai démarré cette aventure.  En réalité, c’est assez difficile de répondre simplement à cette question. Il y a, en effet, plusieurs éléments qui ont motivé ma décision de créer mon entreprise.

La création d’une vitrine internationale pour l’artisanat d’art haïtien

Pour moi, il n’y a jamais eu d’incompatibilité entre ma formation en philosophie et l’entrepreneuriat. J’ai toujours pensé qu’il ne fallait jamais mettre tous ses œufs dans le même panier et tant qu’on a des idées il ne faut pas hésiter à les concrétiser. J’ai pensé à la création d’entreprise dès mon installation en France, en 2009. Malgré les nombreuses idées que j’avais dans mes tiroirs, j’étais bloquée par la crainte de l’échec et surtout les démarches administratives (:

Après la naissance de ma fille, je me suis rendu compte de la difficulté de gérer vie privée et vie professionnelle, surtout quand on vit très loin de sa famille. Mais j’hésitais encore à sauter le pas. Le déclic est vraiment venu en 2012 après une formation de Manager à l’AFPA de Paris.  Les nombreux obstacles pour trouver un emploi stable m’ont vite épuisée et j’ai décidé qu’il était temps de me lancer sérieusement. Créer mon entreprise était devenu pour moi une évidence. Quand j’ai commencé à travailler sur le projet début 2013, je n’avais pas encore une idée précise de ce que je voulais proposer. Mon principal but était de « montrer Haïti autrement ».

Et puis, comme une révélation, il y a eu ce reportage sur « la mode ethnique en plein boom » à la télé. Ce reportage m’a permis de donner forme à mon projet. J’ai décidé de créer une vitrine internationale pour mettre en lumière l’artisanat d’art haïtien. Je me suis fait accompagner par l’association IRFED Europe pour finaliser mon business plan. Et en janvier 2015, Ayizana était née.

Présentation du projet devant le jury de l’IRFED

Une fois mon entreprise enregistrée, j’étais à la fois excitée et angoissée. Excitée, car, enfin, après plus de deux ans de préparation, mon projet allait voir le jour. Malgré les doutes, les hésitations, j’avais la conviction profonde d’avoir enfin trouver ma voie. Et bien sûr, il y avait aussi une certaine angoisse liée au fait que je ne maîtrisais pas les données du marché français. Je ne savais pas comment la clientèle allait m’accueillir.

Mais très vite, les premières expositions-ventes, notamment avec le Collectif Fusion’ailes, ont su me rassurer.

Première expo-vente avec le collectif Fusion’ailes le 8 mars 2015

Création de la boutique en ligne

En plus des expositions-ventes, nous pensions qu’il était nécessaire d’avoir une présence en ligne afin de toucher une plus large clientèle. Avec mon mari, nous avions toujours partagé cette passion pour la culture. Avant de  créer Ayizana, nous avions déjà pensé à un projet associatif autour de la culture haïtienne. C’est donc naturellement qu’il s’est engagé avec moi dans cette aventure. Dés le départ, il a pris en charge la gestion graphique et informatique de la boutique en ligne.

La boutique en ligne: ayizana.com

 

Promouvoir le « Made in Haiti », une responsabilité

Plus qu’un choix, promouvoir le « Made in Haiti » est pour nous une responsabilité. Quand nous avons rencontré, en février 2015, les artisans avec lesquels nous souhaitions travailler, nous avons tout de suite senti le poids de cette responsabilité. Ils nous ont parlé des difficultés auxquelles ils font face au quotidien, du manque de visibilité, des fluctuations de la gourde qui affectent leur capacité à s’approvisionner en matières premières à l’étranger. Notre modeste contribution, sans être LA solution à tous leurs problèmes, leur offrait au moins l’espoir d’augmenter leurs revenus.

Trois ans plus tard : le bilan

S’investir dans un projet qui nous passionne, n’a pas de prix. Évidemment, nous ne comptons pas nos heures, les trajets sous la pluie ou dans le froid. Personnellement, je n’ai jamais autant appris, que ces trois dernières années. Bien sûr, il m’est souvent arrivé de me laisser déborder par la masse de travail. Entre mes obligations familiales, les boutiques éphémères, la gestion des réseaux sociaux, je suis souvent épuisée. Les difficultés auxquelles nous avons dû faire face m’ont souvent amenée à interroger le sens de notre projet. Mais ce qui me permet de continuer c’est le soutien de mon entourage, mon conjoint, ma famille, mes amis, les messages des artisans, et bien sûr l’encouragement des clients sans lesquels tout cela ne pourrait perdurer.

M_Ayiz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *